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Au Québec, la mise en demeure est l’un des outils juridiques les plus utilisés avant d’entreprendre un recours devant les tribunaux. Encadrée par les articles 1594 à 1600 du Code civil du Québec, elle constitue souvent une étape obligatoire pour faire valoir ses droits. Que vous soyez créancier, propriétaire, consommateur ou entreprise, comprendre son fonctionnement peut faire la différence entre un règlement rapide et un litige prolongé.
La mise en demeure est une communication écrite par laquelle une personne (le créancier) informe une autre personne (le débiteur) qu’elle est en défaut d’exécuter une obligation. Elle lui accorde un délai raisonnable pour s’exécuter avant que des procédures judiciaires soient engagées.
Contrairement à une croyance répandue, la mise en demeure n’est pas une poursuite. C’est un avis formel qui remplit trois fonctions essentielles : elle cristallise le défaut du débiteur, elle déclenche le droit aux intérêts légaux (art. 1617 CCQ) et elle démontre la bonne foi du créancier aux yeux du tribunal.
La mise en demeure s’applique à une vaste gamme de situations en droit civil québécois. Les cas les plus fréquents incluent les dettes impayées entre particuliers ou entre entreprises, les travaux de construction ou de rénovation mal exécutés, les vices cachés découverts après l’achat d’un immeuble, le non-respect d’un contrat de service, les dommages causés par un voisin (bruit, empiétement, troubles de jouissance) et le refus d’un assureur d’indemniser un sinistre.
Dans la grande majorité de ces situations, l’envoi d’une mise en demeure est une condition préalable à toute demande en justice. Un avocat en litige civil et commercial peut évaluer si votre situation exige une mise en demeure et, le cas échéant, la rédiger de manière à maximiser vos chances d’obtenir gain de cause.
Pour qu’une mise en demeure produise ses effets juridiques, elle doit respecter certaines exigences de fond et de forme. Le Code civil n’impose pas de formalisme strict, mais la jurisprudence québécoise a établi des balises claires.
| Élément | Description | Obligatoire ? |
|---|---|---|
| Identification des parties | Nom complet, adresse du créancier et du débiteur | Oui |
| Description de l’obligation | Nature du contrat ou de la situation donnant lieu au défaut | Oui |
| Constat du défaut | Ce que le débiteur n’a pas fait ou a mal fait | Oui |
| Montant réclamé | Somme due ou estimation des dommages | Recommandé |
| Délai pour s’exécuter | Habituellement 10 à 30 jours, selon la complexité | Oui |
| Mention des recours envisagés | Poursuite judiciaire, demande d’intérêts, exécution forcée | Recommandé |
| Mode d’envoi | Courrier recommandé, huissier, ou tout moyen avec preuve de réception | Recommandé |
Le délai accordé au débiteur doit être « raisonnable » au sens de l’article 1595 CCQ. Un délai de 10 jours est courant pour une réclamation monétaire simple. Pour des travaux correctifs ou des situations plus complexes, un délai de 30 jours est généralement considéré adéquat par les tribunaux.
L’envoi d’une mise en demeure conforme produit plusieurs effets importants. D’abord, elle constitue le point de départ pour le calcul des intérêts au taux légal (actuellement fixé à 5 % par l’article 1617 CCQ). Ensuite, elle interrompt la bonne foi du débiteur aux fins de la prescription. Enfin, elle démontre au tribunal que le créancier a agi de manière responsable en tentant de résoudre le conflit avant de recourir à la justice.
En pratique, une mise en demeure bien rédigée résout le problème dans plus de la moitié des cas, sans qu’il soit nécessaire d’intenter un recours judiciaire. Le débiteur qui reçoit une lettre formelle d’un avocat comprend que la situation est sérieuse et qu’un règlement à l’amiable est dans son intérêt.
Lorsque le débiteur ne donne pas suite dans le délai imparti, le créancier dispose de plusieurs options selon le montant en jeu et la nature du litige. Pour les réclamations de moins de 15 000 $, la Division des petites créances offre un recours accessible et peu coûteux. Pour les montants plus élevés, une demande introductive d’instance devant la Cour du Québec (jusqu’à 85 000 $) ou la Cour supérieure (au-delà) sera nécessaire.
Avant d’engager des procédures, il est aussi possible d’explorer la médiation ou l’arbitrage comme modes alternatifs de règlement. Ces approches permettent souvent de résoudre le conflit plus rapidement et à moindre coût qu’un procès traditionnel.
Certaines erreurs courantes peuvent affaiblir considérablement l’impact d’une mise en demeure. Parmi les plus fréquentes, on retrouve l’envoi d’une mise en demeure trop vague qui ne décrit pas précisément le défaut reproché, l’octroi d’un délai déraisonnablement court qui sera jugé abusif par le tribunal, l’utilisation d’un ton menaçant ou diffamatoire qui pourrait donner lieu à une demande reconventionnelle et l’absence de preuve d’envoi qui empêche de démontrer que le débiteur l’a bien reçue.
Un avocat spécialisé en litige civil saura éviter ces écueils et rédiger une mise en demeure qui atteint son objectif tout en préservant vos options pour la suite.
| Démarche | Objectif | Coût approximatif | Délai |
|---|---|---|---|
| Mise en demeure | Exiger l’exécution d’une obligation | 200 $ à 800 $ (si rédigée par un avocat) | 10 à 30 jours |
| Médiation | Négocier un règlement avec un tiers neutre | 500 $ à 2 000 $ | 1 à 3 mois |
| Petites créances | Obtenir un jugement (moins de 15 000 $) | 100 $ à 200 $ (frais judiciaires) | 6 à 12 mois |
| Poursuite civile | Obtenir un jugement (15 000 $ et plus) | 5 000 $ à 50 000 $+ | 12 à 36 mois |
L’equipe d’ABG&CJ Avocats accompagne les creanciers et debiteurs dans leurs demarches de mise en demeure partout au Quebec. Que vous residiez a Montreal, Longueuil, Brossard, Laval ou Saint-Jean-sur-Richelieu, nos avocats civilistes peuvent evaluer votre situation et rediger une mise en demeure conforme aux exigences du Code civil du Quebec.
Pour approfondir vos connaissances en droit civil quebecois, consultez egalement nos guides sur les troubles de voisinage et l’article 976 C.c.Q., la prescription extinctive et ses delais pour agir, ainsi que la responsabilite professionnelle des experts.
Dans la majorité des cas, oui. L’article 1594 du Code civil du Québec prévoit que le débiteur doit être mis en demeure avant que le créancier puisse exercer ses droits. Il existe cependant des exceptions, notamment lorsque le contrat prévoit que le débiteur est en demeure de plein droit ou lorsque l’obligation ne pouvait être exécutée qu’à un moment précis.
Oui, il est tout à fait possible de rédiger et d’envoyer une mise en demeure soi-même. Toutefois, une mise en demeure rédigée par un avocat a généralement plus d’impact auprès du débiteur et réduit le risque d’erreurs qui pourraient compromettre un éventuel recours judiciaire.
La mise en demeure ne suspend pas et n’interrompt pas le délai de prescription. Le délai de prescription générale en matière civile est de 3 ans (art. 2925 CCQ). Si vous envisagez un recours, il est important de ne pas attendre l’expiration de ce délai après la découverte du dommage.
Les honoraires pour la rédaction d’une mise en demeure varient généralement entre 200 $ et 800 $, selon la complexité du dossier. Ce coût est souvent récupérable dans le cadre d’un jugement favorable.
Il est important de ne pas ignorer une mise en demeure. Consultez un avocat pour évaluer le bien-fondé de la réclamation et déterminer la meilleure stratégie : exécuter l’obligation, négocier un compromis ou contester la demande.
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