
1. LE TÉLÉTRAVAIL N’EST PLUS INTOUCHABLE
Le télétravail a affaibli la supervision, dilué l’imputabilité et, dans plusieurs organisations, offert une couverture commode aux employés peu performants. Les employeurs ont raison de vouloir un retour au bureau, mais pas à n’importe quel prix. Lorsque le télétravail est devenu une condition implicite de l’emploi, un rappel abrupt peut constituer un congédiement au sens du droit québécois. Un préavis raisonnable demeure essentiel.
Encore mieux : des contrats de travail clairs, qui balisent expressément les limites du télétravail ou du mode hybride. À défaut, le retour au bureau risque de produire plus de litiges que de productivité.
2. L’ÉNIGME DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN MILIEU DE TRAVAIL
L’IA fait désormais partie du paysage. Elle améliore l’efficacité et réduit les coûts. Mais les employeurs qui délèguent la prise de décisions à des algorithmes s’exposent à des risques sérieux. L’IA repose sur des données qualitatives et quantitatives. Or, ces données ne sont pas immunisées aux biais. Des données biaisées engendrent des résultats biaisés, souvent discriminatoires au sens de la Charte québécoise. Et lorsque cela se produit, les tribunaux tiendront l’employeur responsable, non l’outil technologique.
L’IA doit demeurer un outil d’aide, jamais un décideur. Les décisions d’embauche, de discipline et de congédiement doivent être validées par des humains. Et l’IA ne doit jamais, sous aucun prétexte, servir de source de conseils juridiques.
