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La laveuse rend l’âme après vingt-huit mois. Le téléviseur s’éteint pour de bon un peu après sa deuxième année. Le portable, payé cher, refuse de démarrer treize mois après l’achat – soit un mois après la fin de la garantie du fabricant. On rapporte l’appareil au magasin, confiant, et on se heurte à la même phrase, prononcée sur un ton presque désolé : “Votre garantie est expirée, on ne peut rien faire.” Beaucoup de gens repartent alors avec leur appareil brisé et le sentiment amer de s’être fait avoir.
Pourtant, cette phrase est souvent fausse. Au Québec, un commerçant qui vous renvoie chez vous en invoquant la fin de la garantie oublie – volontairement ou non – qu’il en existe une autre, gratuite, automatique, et qu’aucun magasin ne peut vous retirer. L’Office de la protection du consommateur la rappelle noir sur blanc : la garantie légale survit à celle du fabricant. Et depuis le 5 octobre 2026, vos droits viennent même d’être sérieusement renforcés.
La garantie dont parle le commerçant, c’est la garantie du fabricant – une faveur commerciale, souvent d’un an, qui finit à une date précise. La garantie légale, elle, est inscrite dans la Loi sur la protection du consommateur. Elle ne coûte rien, s’applique à tout achat sans qu’on ait à la demander, et le commerçant ne peut ni la nier ni vous faire signer une renonciation.
Son principe tient en deux articles. Un bien doit pouvoir servir à l’usage auquel il est normalement destiné (article 37), et il doit pouvoir servir pendant une durée raisonnable, compte tenu de son prix, du contrat et de l’usage que vous en faites (article 38). Nulle part la loi ne fixe un chiffre : un réfrigérateur payé 2 500 $ n’est pas censé durer le même temps qu’une bouilloire à 20 $. Plus l’appareil est cher et réputé solide, plus l’attente de durabilité est élevée. C’est ce bon sens que le tribunal applique quand un bien brise prématurément – bien après que la garantie du fabricant a expiré.
Jusqu’ici, la “durée raisonnable” se plaidait au cas par cas. Depuis le 5 octobre 2026, une nouvelle garantie de bon fonctionnement (article 38.1) ajoute des durées minimales précises pour quatorze catégories de biens neufs. Pendant ces périodes, calculées à partir de la livraison, un appareil qui tombe en panne doit être réparé sans frais – et vous pouvez vous adresser au commerçant, au fabricant, ou aux deux.
| Appareil (neuf) | Durée minimale de bon fonctionnement |
|---|---|
| Réfrigérateur, congélateur, cuisinière, climatiseur, thermopompe | 6 ans |
| Laveuse, sécheuse, lave-vaisselle | 5 ans |
| Téléviseur | 4 ans |
| Ordinateur, console de jeu, téléphone cellulaire, tablette | 3 ans |
Deux précisions importantes. D’abord, cette nouvelle garantie vise les biens neufs livrés à compter du 5 octobre 2026 : pour un appareil acheté avant cette date, c’est toujours la garantie de durée raisonnable des articles 37 et 38 qui joue – et elle reste pleinement valable. Ensuite, la garantie de bon fonctionnement ne remplace pas les autres : elle s’ajoute à la durée raisonnable et à la garantie contre les vices cachés, qui continuent de s’appliquer pendant et même après sa période de couverture.
Au moment de passer à la caisse, on vous propose souvent une garantie prolongée payante. Avant de la vendre, le commerçant a l’obligation de vous informer de l’existence de la garantie légale gratuite (article 228.1). La raison est simple : cette garantie payante fait fréquemment double emploi avec des droits que vous détenez déjà sans rien débourser. Ce n’est pas qu’elle soit toujours inutile, mais elle se décide en connaissance de cause – pas sous la pression d’un refus de garantie future qui, légalement, ne tiendrait pas.
Le Code civil ajoute une protection qui se cumule avec la LPC : la garantie contre les vices cachés (article 1726). Un défaut grave, présent avant la vente et invisible à l’achat, engage la responsabilité du vendeur. Et quand ce vendeur est un professionnel ou un fabricant, la loi joue nettement en votre faveur : si le bien se détériore prématurément par rapport à des appareils comparables, le vice est présumé (article 1729). Autrement dit, ce n’est pas à vous de prouver l’origine exacte de la panne – c’est au vendeur de démontrer que vous en avez fait un mauvais usage, un fardeau souvent lourd à porter.
La marche à suivre est accessible et ne requiert pas forcément un avocat pour commencer. Rassemblez d’abord vos preuves : facture ou preuve d’achat, date de livraison, photos du défaut, documents de garantie, et au besoin le constat d’un réparateur attestant d’un bris anormalement précoce. Envoyez ensuite une mise en demeure écrite au commerçant et, s’il y a lieu, au fabricant : décrivez l’appareil et le problème, invoquez la garantie légale, précisez ce que vous réclamez – réparation, remplacement ou remboursement – et accordez un délai raisonnable. Pour structurer cette lettre selon les règles, le cabinet met à votre disposition un générateur de mise en demeure.
Si le commerçant reste sourd, la Division des petites créances de la Cour du Québec tranche les réclamations de 15 000 $ ou moins. On y plaide seul, sans avocat à l’audience – mais rien n’empêche de faire évaluer la solidité de son dossier en amont. Un diagnostic de votre litige aide justement à y voir clair avant de déposer. Quant à l’Office de la protection du consommateur, il informe, reçoit les plaintes et peut jouer un rôle de médiation, mais il ne tranche pas votre dossier et ne vous indemnise pas directement : le recours, lui, vous appartient. Un dernier réflexe à ne pas négliger : le délai pour agir est de trois ans (article 2925), à compter du moment où le défaut se manifeste.
Oui. La garantie légale (articles 37 et 38 de la LPC) exige qu’un bien serve pendant une durée raisonnable selon son prix et son type, indépendamment de la garantie du fabricant. Un électroménager coûteux qui brise après deux ans peut être jugé prématuré. Et depuis le 5 octobre 2026, plusieurs appareils neufs bénéficient en plus d’une garantie de bon fonctionnement chiffrée – par exemple cinq ans pour une laveuse.
C’est une protection gratuite et automatique de la Loi sur la protection du consommateur : un bien doit pouvoir servir à son usage normal pendant une durée raisonnable (articles 37 et 38), et le Code civil protège en plus contre les vices cachés. Elle s’ajoute aux autres garanties et s’applique même après l’expiration de la garantie du fabricant.
Il parle de la garantie du fabricant. La garantie légale, elle, lui survit. Un commerçant ne peut ni la nier ni vous demander d’y renoncer. S’il refuse d’en tenir compte, une mise en demeure écrite rappelant vos droits suffit souvent à faire bouger les choses.
Pas nécessairement : elle fait souvent double emploi avec la garantie légale gratuite. La loi (article 228.1) oblige d’ailleurs le commerçant à vous informer de l’existence de cette garantie légale avant de vous vendre une garantie prolongée.
Rassemblez vos preuves (facture, photos), envoyez une mise en demeure écrite au commerçant ou au fabricant avec un délai raisonnable, puis, à défaut d’entente, déposez une demande à la Division des petites créances (jusqu’à 15 000 $, sans avocat à l’audience). Selon la situation, vous pouvez exiger la réparation, le remplacement, une réduction du prix ou l’annulation de la vente avec remboursement.
La garantie légale est puissante, mais encore faut-il l’invoquer correctement et dans les délais. Nos avocats en litige civil à Montréal évaluent votre dossier, rédigent la mise en demeure adaptée et vous orientent vers le recours le plus efficace. Communiquez avec nous pour faire le point sur votre situation.
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